l'hôtel à insectes...

Aménagez vos balcons et jardins pour favoriser les insectes.
Réalisez des élevages.

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Berquer
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l'hôtel à insectes...

Message par Berquer » samedi 9 juillet 2016, 7:24

Bonjour à tous,
Aux jardiniers bio qui seraient intéressés, voici un topo que j'ai fait sur la question.
Pour le rédiger, j'ai "pompé" (pardon pour le plagiat !) pas mal d'infos sur internet, et dans divers bouquins très bien faits sur la question, notamment :
- "Coccinelles primevères, mésanges..." par Denis PEPIN et Georges CHAUVIN, terre vivante, 2008
- "Loger et abriter les insectes au jardin" par Vincent ALBOUY et André FOUQUET, Delachaux & Niestlé, 2014
- "Abeilles sauvages, Bourdons & Cie au jardin Hôtels à Insectes" Guides Nature Ulmer, 2014
Et j'ai fait part de mes réflexions personnelles.
N'hésitez pas à le compléter, modifier, rectifier. :D
Bonne lecture !
Cordialement,
Christian B

L’Hôtel à Insectes

Un hôtel à insectes, pourquoi ?

Pour certains insectes, particulièrement les petites guêpes solitaires, des études ont prouvé que l’une des causes de leur raréfaction était, mis à part les insecticides et pesticides - à proscrire -, le manque de sites de nidification convenables : nos jardins sont trop soignés !
Donc, pour pallier l’arrachage des ronces, la suppression des tiges sèches de rosier, sureau, buddleia…, l’absence d’abris naturels, etc., rien ne vaut un hôtel à insectes, ou quelques nichoirs installés dans le jardin.
Plusieurs objectifs sont à atteindre :
- Accueillir certains insectes en hibernation, de même que les pontes et les larves de certains d’entre eux.
- Accueillir aussi des araignées.
- Enrichir la faune des auxiliaires et pollinisateurs du jardin, et favoriser sa biodiversité.
En effet, entre autres, abeilles et bourdons sont indispensables à la pollinisation des arbres fruitiers, des tomates etc.
- Joindre l’utile à l’agréable en installant un élément de décor très « tendance », qui deviendra, espérons-le indémodable, dans le jardin.


Matériaux nécessaires et emplacement

Bois utilisés (d’essences durables, traités à l’huile de lin uniquement) :
Châtaignier, mélèze, douglas.

Vis à bois (pas de clous) en acier inoxydable, ou en laiton

Toit
A un ou deux pans, ou plus, comme celui d’une maison, ou en arc de cercle… De même que pour la forme générale de l’hôtel, c’est uniquement une affaire de goût : l’essentiel est son efficacité. On constate que la plupart des hôtels ont des toits à deux pans.
Parfaitement étanche, quels que soient les matériaux utilisés (carton bitumé, tuiles, zinc, ardoises…)

Emplacement : choix de l’emplacement très important :
- Plein sud ou au sud-est, dans un endroit face au soleil surtout en début de journée
- le dos aux vents dominants
- à proximité d’un potager et/ou d’un parterre de fleurs sauvages et cultivées
- dans un coin tranquille, éloigné d’un lieu de passage pour éviter tout dérangement
- surélevé d’au moins 30 cm pour éviter l’humidité (entre 30 cm et 1 m ou plus)
- à l’abri des intempéries

Entretien de l’hôtel

Début septembre : nettoyer la boîte creuse munie de paille à l’intérieur.
Mi-avril : nettoyer la boîte creuse munie de petits branchages.
Traiter le bois à base d'huile de lin seulement.

Matériaux spécifiques utilisés pour les abris

Pommes de pin ou paille, pour combler les vides sous le toit.

Natte de roseau (canisse) enroulée (pour les Mégachiles).

Briques creuses partiellement remplies d’un mélange de glaise et de paille.

Planchettes de bois pour la confection des différentes caisses et abris, et leur séparation.

Bûches percées (bois dur bien sec d’un an environ) : chêne, hêtre, frêne, pommier, charme, châtaignier, acacia…
Ne pas utiliser de bois tendre (sapin, pin, peuplier…) qui gonfle avec l’humidité.
Ces bûches devront avoir au maximum la même largeur que celle de l’hôtel.
Trous de diamètres variables (percés avec des mèches de 2 à 14 mm). Les trous (d’une profondeur 8 à 10 cm environ) ne doivent surtout pas percer la bûche de part en part, sinon ils ne seraient pas occupés.
Ces trous seront espacés de 2 cm au minimum, et disposés en lignes.
On peut aussi remplacer les bûches de bois par des briques ou des blocs de béton expansé.

Pots de fleurs en terre cuite brute.

Tiges creuses : de 10 à 20 cm de longueur, et de diamètre variable (2 à 12 mm) :
roseau, bambou, céréales, canne de Provence, fenouil, berce, céleri, forsythia, deutzia, paille de blé, graminées, ombellifères, pailles pour boire …
Elles doivent être bouchées à l’une de leur extrémité, soit par les nœuds naturels, soit par de l’argile, ou de la glaise bien grasse.

Tiges à moelle : ronce, rosier, framboisier, sureau, buddleia, topinambour, weigelia, hortensia…

Les tiges creuses, ou à moelle, sont à répartir horizontalement (1), isolément dans l’hôtel, ou de préférence liées entre elles, en bottes d’une quinzaine environ, par de la ficelle, du fil de fer, ou insérées, bien serrées entre elles, dans des cylindres de n’importe quel diamètre et quel que soit le matériau utilisé : morceau de canalisation en grès, PVC, boîte de conserve, bouteille en plastique, etc.
Elles doivent être bien sèches, et de diamètres différents : de 2 à 12 mm environ,
et aussi de longueurs différentes : de 20 à 30 cm environ, voire plus, si la largeur de l’hôtel le permet. Elles peuvent toutefois être toutes de même longueur.
Dans tous les cas, elles ne doivent jamais dépasser la largeur des parois latérales de l’hôtel.

Papier et frisure d’emballage.

Foin, paille.

Pour les curieux : en plus des bûches percées, placer une boîte en bois dont la porte (épaisseur d’au moins 1 ou 2 cm) est percée de trous de différents diamètres. Dans ces trous sont enfoncés, leur ouverture au ras de la porte, côté extérieur, des tubes en verre ou plastique transparents, de diamètres identiques à ceux des trous, et de différentes longueurs.
Ouvrir de temps en temps délicatement la porte, pour observer brièvement l’intérieur de ces tubes. Bien refermer la porte après observation.

(1) il est également possible d’installer ces bottes de tiges ailleurs que dans l’hôtel à insectes, en les fixant sur un petit piquet, certaines horizontales, d’autres verticales, à une hauteur comprise entre 50 cm et 2 m environ.

Quels seront les différents « clients » de l’hôtel ?
Et comment leurs « chambres », et « suites ! », seront-elles aménagées ?

Forficules : prédateurs de pucerons.
Pot de fleurs en terre cuite brute rempli de fibres de bois, ou de paille.
Le pot est retourné, posé sur des cales à 2 cm environ de la base de l’abri.
On peut aussi placer un autre pot suspendu la tête en bas, au bout d’une tige métallique enfilée dans l’hôtel à mi-hauteur.

Chrysopes : leurs larves sont grandes prédatrices de pucerons, aleurodes, cochenilles, chenilles.
Plusieurs boîtes en bois type nichoir à oiseaux, remplies de fibres d’emballages, ou paille, foin, lanières froissées de papier journal (pas de papier couleur dont l’encre est toxique), ou papier issu d’une broyeuse à documents, ces matériaux posés sur un petit grillage isolé du fond de la boîte pour limiter l’humidité. Les ouvertures en façade seront en fentes, dans le sens horizontal pour l’une des boîtes, dans le sens vertical pour l’autre. Une 3ème boîte sera percée de plusieurs petits trous de 10 à 15 mm de diamètre.

Papillons : faiblement pollinisateurs, mais parmi les plus « beaux » visiteurs du jardin.
Boîte en bois
Dimensions : Longueur 26,5 cm, profondeur 15 cm, hauteur 12 cm.
Quelques fentes verticales (hauteur 7 cm, largeur 8 mm) percées sur la façade de la boîte.
Ouverture par trappe à l’arrière.
Intérieur garni de quelques morceaux de carton ou de foin.
Cet abri servira de gîte d’hibernation pour les vanesses Paon du jour et Petite tortue.

Coccinelles : prédatrices de pucerons et d’acariens. (A noter cependant que quelques espèces de Coccinelles sont phytophages).
Caisse perforée et/ou groupe de planchettes superposées espacées de 5 mm les unes des autres.

Clairons : Coléoptères du genre Trichodes, dont les larves se nourrissent de celles des abeilles solitaires.

Syrphes ? ! : très souvent cités à tort !, comme fréquentant l’hôtel, dans les tiges à moelle…
Les Syrphes adultes sont tous d’utiles pollinisateurs, et leurs larves, suivant les espèces, sont aphidiphages (dévoreuses de pucerons), coprophages, détritiphages, ou phytophages.
Ces Diptères hibernent rarement à l’état adulte. Les rares espèces dont les adultes hibernent le font sous des écorces, feuilles, pierres, branchages…
Ils n’hibernent pas, et ne pondent pas non plus, dans des tiges à moelle !
Les larves de quelques espèces de Volucelles sont détritiphages des nids de Guêpes sociales, Frelons, Abeilles sociales, ou Bourdons, insectes sociaux ne vivant pas, à part les Bourdons, dans l’hôtel...
La prétendue présence de Syrphides dans l’hôtel semble donc a priori totalement fantaisiste.

Bourdons : pollinisateurs extrêmement importants, dès la fin de l’hiver, actifs de l’aube au crépuscule, même par temps assez froid ou pluvieux.
Petites caisses perforées séparées avec, juste sous le trou de chacune, (diamètre 8 et 10 mm), une petite planchette de 2 à 5 cm de large servant de piste d’envol, et d’atterrissage.
Les remplir avec du papier ou de la frisure d’emballage.

Abeilles charpentières : exploitent le bois mort en le creusant.
Branches ou bûches, morceaux de vieilles charpentes non entretenues.

Abeilles solitaires : des pollinisateurs indispensables
En France on dénombre environ 900 espèces d’abeilles solitaires.
Contrairement aux guêpes et aux abeilles domestiques, les abeilles solitaires n’attaquent jamais. Elles ne piquent que si on les saisit (femelles uniquement, les mâles n’ont pas d’aiguillon).

Abeilles rubicoles (rubus = ronce)
Tiges remplies de moelle suffisamment tendre pour y creuser facilement leurs nids aux dimensions qui leur conviennent.

Mégachilides
Ces petites abeilles tapissières récoltent le pollen par une brosse qui couvre la face ventrale de l’abdomen.
Elles peuvent être fouisseuses, rubicoles, maçonnes, hélicophiles, coupeuses de feuilles ou de fleurs…
Plusieurs sous-familles et genres :

Mégachiles
Ce sont des abeilles « coupeuses de feuilles », ou « tapissières »
Nichent dans des cavités comme du bois sec perforé par d’autres insectes tels que les Coléoptères xylophages, dont les larves sont mangeuses de bois.
Dans l’hôtel à insectes, nichent dans les bûches percées, et aussi dans des tiges de bois creuses.
Les femelles tapissent leurs nids avec des fibres végétales ou en découpant de petits ronds dans les feuilles. Les parois de leurs cellules sont tapissées de morceaux de feuilles roulées en « cigares ».
Elles utilisent des feuilles de rosier, hêtre, cerisier, cornouiller, lilas, bouleau, charme etc.
Elles utilisent aussi des pétales de fleurs (géranium, pavot…)
Chaque cylindre de feuilles introduit dans la galerie est rempli d’un sirop moelleux, fait d’un mélange de nectar et de pollen, sur lequel l’abeille pond 1 œuf, puis elle referme le cylindre par une paroi d’argile.

Chalicodomes
Proches des Mégachiles, ce sont des abeilles maçonnes, leurs cellules étant tapissées de boue, résine, fibres végétales…
Elles font leurs nids non pas dans les galeries de bois, mais adossés à des pierres, ou sur du bois.
Les cellules sont construites avec de la boue.

Chelostomes :
Ces petites abeilles font leurs nids dans des trous de bois minuscules, (de la taille de ceux des Vrillettes). L’insecte y entre à reculons pour y déposer du pollen (récolté avec sa brosse ventrale), et la tête en avant pour y déposer du nectar.

Osmies :
Certaines, comme l’osmie rousse, sont des pollinisatrices encore plus efficaces que l’abeille domestique, actives à des températures plus basses, et plus longtemps dans l’année.
Elles aussi sont appelées abeilles maçonnes, car elles confectionnent avec de la terre une sorte de mortier pour boucher la galerie, au ras du trou, après la confection de la dernière cellule.
Elles utilisent toutes sortes de cavités : dans la terre, le bois, des trous de murs, les coquilles vides d’escargots, les trous d’évacuation d’eau des fenêtres etc.
Dans l’hôtel à insectes, elles utiliseront les bûches percées et les tiges creuses.
Installer aussi des briques creuses, de différents modèles, en remplissant les trous partiellement d’un mélange humide de terre et de paille. Laisser des trous sans mélange, et garnir aussi quelques-uns avec de la sciure de bois de différentes essences non traitées.
Elles y aménagent plusieurs cellules (jusqu'à 12 ou 15), leur nombre dépend de la taille de la galerie, à la suite les unes des autres.
Ces loges sont séparées par des cloisons transverses de boue ou d'une pâte préparée avec des feuilles mâchées avec la salive.
Chacune des cellules contient un mélange de pollen et de nectar, et l'œuf est pondu sur cette pâtée.
Les cellules du fond de la galerie, en général un peu plus grandes et plus approvisionnées, contiennent les femelles, dont le développement dure plus longtemps que celles des mâles situées près de la sortie, et qui sortiront donc les premiers. Logique, la nature a bien fait les choses !

Anthidies
On les appelle "Abeilles cotonnières ou résinières".
- tête et thorax noir ou ferrugineux
- abdomen avec taches jaunes ou rousses disposées par paires
- corps relativement trapu et peu velu
On distingue pour les Anthidies 2 groupes :
- les "cotonniers" dont les mandibules sont denticulées pour carder les plantes et récupérer les poils végétaux pour leur nid (poils de Labiées) comme, par exemple, Anthidium manicatum et A. florentinum.
- les "résiniers" qui ont les mandibules sinuées pour tapisser leurs cellules avec de la résine prise sur les Conifères comme, par exemple, A. septemdentatum.
Les nids sont dans des endroits aussi variés que ceux des Osmies mais souvent en "bourgades" : petit nombre de cellules semblables dont la galerie est fermée par une sorte de ouate ou de la résine.

Hériade des troncs
Cousine des Osmies et Anthidies.
Nidifie dans des petites tiges de bambous ou de forsythia.
Les cellules sont séparées par de la résine, et non de la terre argileuse. Le bouchon final est recouvert de petits cailloux, assurant le camouflage contre les incursions de parasites.


Guêpes solitaires : des prédateurs efficaces

Odynères
L’Odynère des murailles n’est pas très commune.
Elle accumule des larves paralysées de Chrysomèles pour nourrir ses larves dans les trous des bûches percées et des tiges creuses.

Sphégiens : parasitent insectes et araignées.
Beaucoup creusent leur nid dans le sol ou maçonnent un nid de boue.
Plusieurs nidifient dans les tiges creuses, ou à moelle
Parmi ces quelques Sphégiens susceptibles de fréquenter l’hôtel :
Pemphredon lugubris, petite guêpe chassant les pucerons. Elle creuse une série de loges dans la moelle des tiges sèches, et dépose 1 œuf dans chaque loge, puis quelques dizaines de pucerons paralysés par une piqûre. Les larves trouvent donc une nourriture abondante. Une seule femelle peut ainsi prélever plus d’un millier de pucerons.
Trypoxylon figulus, nid garni de petites araignées
Dolichurus corniculus, nid garni de petites Blattes du genre Ectobius

Guêpes maçonnes
Nid parfois dans les trous de bois, comme Ancistrocerus antilope, qui approvisionne son nid de petites chenilles paralysées. Elles referment leur nid avec de l’argile et de la salive malaxées.


Mouches cleptoparasites : « volent » les réserves alimentaires d’autres insectes.
Ces Diptères surveillent les étapes de l'approvisionnement par les abeilles solitaires de leurs cellules en pollen et nectar, et profitent des moments d'absence de la femelle de l'abeille, partie en quête de nourriture, pour aller pondre plusieurs fois sur les réserves alimentaires des cellules qui seront dévorées par ses larves (ou "asticots"). C'est le cas de la Drosophilide Cacoxenus indagator, cleptoparasite d'Osmia cornuta et O. rufa.

Chrysides, ou « guêpes-coucou »
Petites guêpes aux couleurs métalliques éclatantes.
Surveillent le sol, les murs, les nichoirs des abeilles solitaires et des guêpes maçonnes. Elles pondent un œuf dans leurs cellules. La larve dévore l’œuf de son hôte, et s’engraisse de ses réserves.

Mutilles
Voisines des Chrysides.
Parasitent les Bourdons et Abeilles solitaires, se nourrissant des larves dans leur nid.

Guêpes cleptoparasites du genre Sapyga
Notamment Sapyga clavicornis que l’on trouve fréquemment à l’entrée des gîtes artificiels de l’hôtel :
Elles parasitent des Osmies, Heriades, Megachiles… Elles cherchent une cellule ouverte remplie de pollen et miel pour pondre un œuf sur ces réserves ou directement sur l'œuf de l'abeille qui sera dévoré ainsi que les provisions par la larve du Sapygide.


Insectes xylophages :
Vieux bois, branches, bûches… (non traités) laissés tels quels en les groupant et en comblant les espaces libres : les insectes feront eux-mêmes le travail.
De beaux Coléoptères longicornes, tels Clytus arietis, pourront être attirés de la sorte.
Mettre également dans un compartiment de l’hôtel du bois en cours de pourrissement, provenant d’une vieille souche par exemple, et combler les espaces libres avec de vieilles écorces.


Coléoptères carabiques : prédateurs de mollusques, vers, arthropodes…
On mentionne souvent les Carabes et carabiques comme présents dans l’hôtel. Effectivement, on pourra peut-être les y attirer en plaçant des morceaux humides de souches ou d’écorces, sous lesquels ils se réfugieront durant la journée (la plupart des espèces chassant de nuit).
Attention cependant : le bois humide ou pourrissant risque de provoquer également le pourrissement… de l’hôtel !
Toutefois, les Carabiques ayant en général besoin d’humidité et de fraîcheur, il sera beaucoup plus judicieux de les accueillir dans le jardin lui-même, en disposant à même le sol, dans les endroits frais et ombragés, des pierres, tas de bois, vieux troncs vermoulus, talus couverts de mousses, paillis, etc. qui seront nettement plus efficaces que des abris aménagés dans l’hôtel.


Araignées : grandes prédatrices d’insectes de toutes sortes.
La majorité des Araignées meurent avant l’hiver, après avoir déposé des cocons remplis d’œufs.
Certains de ces cocons seront déposés dans les trous et espaces divers de l’hôtel à insectes.

__________________________________________________________________


Périodes de colonisation

De fin août à avril : Coccinelle et Chrysope
De mai à mi-septembre: Forficule
De mi-avril à fin mai: Osmie cornue, Osmie bleuissante, Chélostome des renoncules.
De début mai à fin juin: Mégachile, Anthidie, Hériade des troncs, Osmie crochue,...
Pour conclure

L’hôtel à insectes est devenu un élément incontournable, notamment lorsque le jardin n’est pas assez « sauvage » pour permettre aux insectes auxiliaires d’y trouver assez de refuges afin de s’y reposer, y passer l’hiver, ou pour y nidifier.

Grâce à sa construction à base de bois naturel, il est esthétique, et participe pleinement à la décoration du jardin.

Dès lors qu’il est installé au bon emplacement, et construit solidement avec des matériaux adéquats, son aménagement intérieur peut être très varié, et dépendra beaucoup du goût de chaque jardinier.
Rien n’empêchera d’ailleurs, au fil des années, lors du remplacement de certains abris et nichoirs devenus vétustes, de modifier la disposition et l’organisation de ceux-ci.

Il convient toutefois de relativiser l’efficacité de l’hôtel à insectes. En effet il ne sera pas forcément habité ! Si beaucoup de petites abeilles solitaires comme les Osmies, et certaines petites guêpes, semblent prêtes à l’occuper avec succès, d’autres insectes, comme les Coccinelles ou les Chrysopes, sont plus difficiles…

Un hôtel à insectes sobre semble plus efficace que s’il comporte trop de dispositifs.
Néanmoins, s’il est composé d’un grand nombre d’aménagements, il accueillera beaucoup plus d’araignées, grandes prédatrices d’insectes, et elles-mêmes servant de pitance à de nombreux oiseaux du jardin, notamment troglodyte mignon, mésanges bleue et à longue queue, rougegorge, fauvette à tête noire, grimpereau des jardins, roitelet huppé, pouillot véloce…

Il n’existe pas a priori d’incompatibilités. Car, à sa petite échelle, l’hôtel participe à la chaîne alimentaire, attirant des espèces « utiles » et des « nuisibles », de même que des prédateurs, et leurs proies, des parasites, etc. : C’est la loi de la nature…

D’ailleurs, la liste des insectes précités, fréquentant l’hôtel, est loin d’être exhaustive !
On pourrait y ajouter d’autres insectes, pollinisateurs, parasites, prédateurs, ou nettoyeurs :
La mouche bombylide Anthrax sp. projetant ses œufs derrière la paroi à peine sèche de la cellule de l’Osmie, et dont les asticots dévoreront non seulement les provisions de la petite abeille, mais aussi sa larve…
Les Ptines, minuscules Coléoptères qui mangeront les débris d’anciens nids…
Les petites Fourmis rouges qui installeront leurs nids entre des débris de cloisons…
Et bien d’autres encore…

Mais, à défaut d’hôtel, ne perdons pas de vue que rien n’empêchera le jardinier soucieux de biodiversité, de laisser dans le jardin suffisamment de coins sauvages et d’abris naturels, qui serviront de caches, dortoirs, lieux d’hibernation, ou de nidification, susceptibles d’accueillir et de protéger efficacement la faune sauvage, tout en contribuant, eux aussi, à la beauté du jardin : un jardin sauvage ou un peu « négligé » peut être lui aussi très beau, parfois plus beau qu’un jardin trop « propre »...

On l’aura compris : l’hôtel à insectes peut contribuer à la biodiversité très souvent, et à la décoration en tout cas, du jardin.

Alors, pourquoi les jardiniers s’en priveraient-ils ?

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Message par Berquer » mardi 12 juillet 2016, 7:29

Re-bonjour,
Pour compléter mon sujet, voici une photo d'hôtel, l'un des plus complets (tout y est !) que j'ai vus.
Cet très bel hôtel a été construit à Saint-Lô-d'Ourville, dans le Cotentin, par un groupe de personnes en réinsertion sociale, accompagnées par les animateurs d'une association, et avec les conseils du Garde du Littoral, sur un parcours remarquable : "De la Terre à la Mer" expliquant les différents milieux traversés, du bocage jusqu'au littoral : super !
Cordialement,
Christian B
Image
Christian Berquer : France : Saint-Lô-d'Ourville : 50580 : 21/03/2015
Altitude : NR - Taille : non mesuré
Réf. : 166881

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Message par ManaRch » mardi 12 juillet 2016, 14:42

Bonjour et merci pour ce beau résumé bien complet même si "pompé" :)

J'ai moi même réalisé un petit article du coup "plus visuel" sur le sujet : https://blog.defi-ecologique.com/hotel- ... -insectes/


Je ne serais pas contre un petit retour de vous même ou de tous les gens qui passent et pourraient être intéressés !!

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Message par Berquer » mercredi 13 juillet 2016, 8:16

ManaRch a écrit :Bonjour et merci pour ce beau résumé bien complet même si "pompé" :)

J'ai moi même réalisé un petit article du coup "plus visuel" sur le sujet : https://blog.defi-ecologique.com/hotel- ... -insectes/
Je ne serais pas contre un petit retour de vous même ou de tous les gens qui passent et pourraient être intéressés !!
Bonjour "Manarch"
Bravo :0024: :lol: :bienvu: pour votre article et les belles photos qui l'accompagnent, notamment l'hôtel au look magnifique, très complet lui aussi.
Pour en revenir au syrphes, si je n'en ai jamais vu à l'intérieur de l'hôtel, j'ai néanmoins constaté moi aussi qu'ils se posent volontiers, au soleil, sur les toits des hôtels.
Merci d'avoir mis votre lien, très utile sur le forum !
Cordialement,
Christian B
(PS : je vois que vous êtes alsacien ! Moi aussi, du coté maternel : à Strasbourg et Schiltigheim :D )

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Message par ManaRch » mercredi 13 juillet 2016, 8:38

Merci de votre retour !! :)

Intéressante cette précision sur les syrphes, peut être est-il possible de "l'exploiter" pour maximiser l'efficience de ces hôtels. Quand vous ne voyez se poser sur ces toits, en quoi sont habituellement faits ces toits justement ?!


(Centre Alsace désormais pour ma part ! Je suis étonné du nombre d'alsacien, justement, qui participent sur tous les forums ou blogs en rapport avec la faune sauvage !)

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Message par Berquer » mercredi 13 juillet 2016, 10:27

ManaRch a écrit :Merci de votre retour !! :)
Intéressante cette précision sur les syrphes, peut être est-il possible de "l'exploiter" pour maximiser l'efficience de ces hôtels. Quand vous ne voyez se poser sur ces toits, en quoi sont habituellement faits ces toits justement ?!
(Centre Alsace désormais pour ma part ! Je suis étonné du nombre d'alsacien, justement, qui participent sur tous les forums ou blogs en rapport avec la faune sauvage !)
Sur n'importe quel type de toit, enfin jusqu'à présent je n'en ai vu qu'en bois ou en tuiles. Les syrphes, comme d'autres insectes d'ailleurs, adorent "se faire dorer au soleil", également sur des pierres, ou des feuilles...)
Ah oui : les alsaciens (heureusement, ils ne sont pas les seuls :wink: ) sont très "branchés" pour la protection de la nature, dans tous les domaines : entomo., ornitho., etc.

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Message par latique » mercredi 13 juillet 2016, 16:20

Bonjour,

Pour ce qui concerne les Syrphes, il ne couchent pas à l'hôtel et ne font pas de nids. Certains pondent sur des feuilles diverses pourvu qu'il y a un potentiel pucerons. Certains ont des larves aquatiques (Eristalis) et auraient plutôt besoin d'une mare d'accueil pourvu que le liquide soit riche en matière organique. D'autres dans le bois très humide en décomposition (troncs creux). D'autres enfin dans les nids de Vespula (Volucella) ou dans les bouses de bovins (Rhingia campestris).

A mon avis, s'ils se posent sur un hôtel à insectes, c'est sans doute par pure curiosité :)
Eugène

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Message par Berquer » mercredi 13 juillet 2016, 16:56

latique a écrit :Bonjour,

Pour ce qui concerne les Syrphes, il ne couchent pas à l'hôtel et ne font pas de nids. Certains pondent sur des feuilles diverses pourvu qu'il y a un potentiel pucerons. Certains ont des larves aquatiques (Eristalis) et auraient plutôt besoin d'une mare d'accueil pourvu que le liquide soit riche en matière organique. D'autres dans le bois très humide en décomposition (troncs creux). D'autres enfin dans les nids de Vespula (Volucella) ou dans les bouses de bovins (Rhingia campestris).

A mon avis, s'ils se posent sur un hôtel à insectes, c'est sans doute par pure curiosité :)
Tout-à-fait de ton avis, Eugène :D :0024:
D'ailleurs regarde dans mon topo la partie sur les syrphes, cités à tort, comme occupants de l'hôtel : c'est exactement ce que j'écris, notamment sur leur biologie :wink:
Par surcroît, sur internet, dans beaucoup de sujets sur l'hôtel à insectes, tout le monde parle (à tort !) des syrphes, présentés comme étant des Hyménoptères :!: :roll: :0008:

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Message par latique » mercredi 13 juillet 2016, 17:17

Comment peut-on confondre ces êtres libres avec ces 4L qui vivent en coloc :0007:
Eugène

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Message par Berquer » mercredi 13 juillet 2016, 21:46

latique a écrit :Comment peut-on confondre ces êtres libres avec ces 4L qui vivent en coloc :0007:
Et j'te parle même pas des 4L qui squattent ou tapent l'incruste chez les colocs ! :mrgreen:

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