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Détermination de Philanthus triangulum
Parcours dans les méandres d’une clé de détermination.
dimanche 21 janvier 2007


Didier ROUSTIDE - 01/07


Détermination

Présentation de la bête

Aspect général :

Philante apivore (Philanthus triangulum)

Philante apivore (Philanthus triangulum)
Cette guêpe a été photographiée sur l’île d’Hoedic en automne 2004.
Avec un peu d’habitude il semble clairement visible que c’est un Philante apivore. D’autant que le talus colonisé était criblé de trous et que l’érosion mettait à jour d’anciens nids dans lesquels il était facile d’identifier des restes d’abeilles mellifères.

Quoiqu’il en soit, jouons au jeu de l’identification à partir des clefs qui font référence :

  • Faune de France 79 - Hyménoptères Sphecidae d’Europe Occidentale - Volume 1
  • Faune de France 82 - Hyménoptères Sphecidae d’Europe Occidentale - Volume 2

Détermination de la Famille

Nous allons suivre pas à pas les différentes clefs présentes dans les deux volumes de la Faune de France.

Faune de France :

- Segment 1 du gastre de taille réduite, en forme d’écaille plus ou moins aplatie ou nodiforme : le pétiole ; parfois segment II aussi modifié, formant le postpétiole. Antenne généralement coudée après le scape allongé. Ailés ou aptères. Sociaux. Formicidae

Pour commencer, il n’y a pas de pétiole sous forme d’écaille par contre il y a des ailes bien développées, ce qui nous écarte tout de suite des fourmis. En plus bien sûr même s’il y en a toute une bourgade, elles ont toutes leur nid individuel.

Ensuite :

Faune de France :

-3-

  • Lobe pronotal arrondi, n’atteignant pas le bord antérieur de la tegula. Nervation alaire complète ou presque. -4-
  • Bord postéro-latéral du pronotum atteignant ou presque la tegula. Nervation parfois réduite. -5-

L’interprétation correcte de ce point se fait en considérant d’une part que le lobe pronotal est arrondi, très nettement visible sur la figure , et d’autre part que le pronotom en vue de dessus paraît éloigné des tegulae.

Photo 1 : Lobe pronotal - vue d’ensemble

La photo 1 donne une vue d’ensemble de profil avec indication des différentes parties mises en jeu.

Le lobe pronotal n’est pas évident à voir et il faut faire varier l’angle de l’éclairage pour le distinguer. Dans le cas présent une tâche jaune est inscrite exactement à l’intérieur.

Photo 2 : Pronotum par rapport à la tegula - vue de dessus
Photo 3 : Pronotum par rapport à la tegula - vue latérale

Ce que veux dire « n’atteignant pas le bord antérieur de la tegula » semble correspondre à l’opposé de l’autre alternative du même critère soit : « Bord postéro-latéral du pronotum distant du bord antérieur de la tegula » .
Le bord postéro-latéral est indiqué en violet sur les photos 2 et 3. La tegula se trouve détourée en jaune, son bord antérieur se situant à gauche de cette zone détourée.
On remarque donc une certaine distance entre le bord postéro-latéral et le bord antérieur de la tegula.

Il est intéressant de comparer avec un Pompile (Photo 4) qui lui montre un pronotum dont le bord postéro-latéral est à proximité immédiate du bord antérieur de la tegula.

Photo 4 : Pompile Cryptocheilus versicolor - vue latérale

Observons maintenant les ailes :

Photo 5 : Aile antérieure
Nervation alaire
Photo 6 : Cellules submarginales

L’aile possède une nervation complète (3 cellules submarginales)
Pronotum n’atteignant pas le bord antérieur de la tegula (on continue en 4)

Faune de France :

-4-

  • Basitarse 3 plus ou moins allongé et cylindrique, rarement un peu aplati, sans brosse de soies serrées. Corps sans forte pilosité, sans soies plumeuses. gastre sessile ou pétiolé. Sphecidae
  • Basitarse 3 plus ou moins élargi et aplati, muni au dessous d’une brosse de soies serrées. Corps le plus souvent avec une abondante pilosité, certaines soies plumeuses, en particulier sur le thorax. gastre sessile. Apidae
Photo 7 : Basitarse de notre spécimen
Photo 8 : Basitarse 3 - Osmia cornuta

Le basitarse 3 de notre spécimen est résolument cylindrique. De plus aucune brosse de soies serrées n’est visible.

Photo 9 : Soies thorax et abdomen de notre spécimen
Photo 10 : Soies du thorax d’Apis mellifera

Les soies plumeuses sont plus ou moins difficiles à trouver sur Osmia cornuta, par contre elles sont nettes sur Apis mellifera. Je n’en ai pas vues sur notre spécimen.

Arrivés à ce point de la clef, nous pouvons donc considérer que nous avons à faire à un sphecidae. [1]

[1Certains Apidae n’ont pas les caractères décrit pour le basitarse et ne se reconnaissent de façon indubitable que par les soies plumeuses. Toutefois sur des Hyménoptères de cette taille, on peut prendre le risque de s’orienter vers les Sphecidae. Avec un peu d’habitude on distingue les Apidae douteux des Sphecidae, soit par la langue très longue, soit par leur tête allongée et prognathe, soit par une forme générale plus arrondie. Ces caractères ne présentent en aucun cas la certitude donnée par les poils plumeux, mais il faut vraiment une très bonne optique pour distinguer ces derniers.

Dernière mise à jour :
jeudi 2 mars 2017