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Morphologie d’un insecte - les pattes
jeudi 26 avril 2007

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Article mis en ligne originellement par François Panchout sur une version antérieure du site du "monde des insectes".

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Chez les insectes, le nombre de pattes est toujours le même : 6.
C’est d’ailleurs en comptant les pattes que l’on est certain d’avoir à faire à un insecte et non pas à une araignée par exemple (qui ont 8 pattes). Les pattes sont disposées par paire sur le thorax de l’insecte. En fait, sur chacun des trois métamères (segments) sont disposées deux pattes. Plus que chez tous autres animaux, les pattes des insectes prennent des formes très diverses.

Patte de Carabidae : 1ère paire

Ces variations répondent à des besoins vitaux tels que la marche, la capture, l’enfouissement ou encore le saut. Cependant, quelque soit les transformations, la structure générale est toujours la même Il est généralement assez facile d’observer les différentes parties qui composent les pattes en partant de l’extrémité : griffes, tarses, tibia, fémur, trochanter, coxa (souvent appelé hanche).

Pour une espèce d’insecte donné, la forme des trois paires de pattes est généralement différente car les fonctions des trois paires sont elles même différentes. Ainsi, dans le cas des Mantes (Ex : Mante Religieuse), la première paire de pattes est ravisseuse. Les deux autres paires sont quant à elles locomotrices ; elles permettent à l’animal de se maintenir à l’affût sur une branche. La première paire par contre a un fémur recouvert de pics (constitués de cuticule) qui permettent un bon maintient de la proie. Le fémur, toujours, est fort développé afin de contenir une musculature puissante qui permet à la pince de rester fermée même si la proie se débat.

Patte ravisseuse de mante (Iris oratoria) : 1ère paire

Enfin, l’hypertrophie des tarses et leur disposition dans le prolongement du tibia permet d’augmenter la surface collectrice quand la pince est ouverte et donc d’augmenter les chances de capture. On le voie donc, la pince des mantes est très loin de la patte de Carabidae et pourtant on y retrouve les mêmes éléments mais disposés et de morphologie différente.

Les Bousiers, comme leur nom l’indique sont des insectes qui ne peuvent survivre que grâce aux excréments des ruminants. Ils sont à ce titre qualifiés de Coprophages. Ces animaux doivent donc creuser des galeries dans les déjections. La sélection naturelle a donc privilégié des animaux donc la première paire de pattes est en forme de spatule.

Patte fouisseuse de Bousier (Anoplotrupes stercorosus) : 1ère paire

C’est surtout au niveau du tibia que le phénomène est facilement observable. Des excroissances aux formes arrondies permettent à l’insecte de pousser facilement les excréments et ainsi, de se frayer un chemin. Au niveau de la hanche (aussi appelé coxa), on note une grande bande de soies. Celle-ci vient frotter sur le fémur quand l’insecte le replie sur le coxa. Comme un balai qui vient brosser, ces poils permettent de nettoyer (dans une certaine mesure) le fémur qui est difficilement accessible.

Jusqu’alors, les modifications morphologiques des pattes s’appliquaient à la première paire. Mais, ce n’est pas toujours le cas. Bien que plus rare, la troisième paire de pattes peut aussi être l’objet de grandes transformations. Ceci est observable notamment chez les puces (avec une bonne loupe...) et chez les orthoptères (criquet & sauterelles).

Patte sauteuse de Criquet (Locusta migratoria) : 3ème paire

Les pattes chez les criquets par exemple ont une triple fonction : déplacement, protection et stridulation. Le fémur, développé à l’extrême contient une musculature particulièrement efficace qui permet à l’insecte de réaliser des sauts impressionnants en rapport avec sa taille. De plus, si le criquet est inquiété, il déploie au moment de son saut, ses ailes colorées. L’oiseau capture donc l’image d’un insecte coloré. Or, une fois retombé à terre, il cache ses ailes et redevient invisible. Les pattes dans ce cas sont donc utilisées conjointement et permettent à l’insecte d’échapper à son prédateur. La troisième fonction des pattes arrière est la stridulation. Le criquet frotte ses ailes sur la face externe du fémur où se trouve des petites excroissances en forme de petites arêtes. La forme de ces pics et la vitesse permettent donc au criquets toutes sortes de chants et de parades sexuelles.


François Panchout.

Remis en ligne par Didier Roustide