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Liris niger
(Crabronidae / Crabroninae / Larrini)
mardi 23 décembre 2008

Le genre Liris est classé dans la tribu des Larrini, sous-famille des Crabroninae, famille des Crabronidae.


Patrick Burguet de Brissay - mise à jour du 22/12/2008


Il faut noter qu’avant les analyses cladistiques de Melo (1999), Liris était rangé dans : Sphecidae / Larrinae / Larrini

L’espèce type en est : Sphex auratus Fabricius 1787

La sous-famille des Crabroninae est extrêmement hétérogène, rien ne permettant à première vue de relier entre elles les différentes tribus qui la composent.

L’actuelle tribu des Larrini est relativement homogène et caractérisée par des yeux non échancrés convergeants vers le vertex et des ocelles postérieurs déformés.
Font partie de cette tribu : [Gastrosericus], Larra, Liris, Larropsis, Tachytes, Prosopigastra, [Holotachysphex] et Tachysphex.
Les genres entre crochets [-] ne sont pas représentés en France.

Larra et Liris se distinguent très facilement des autres genres de cette tribu par la présence d’un bourrelet au bord interne des yeux et par un épaississement transverse, joignant les bourrelets latéraux, peu avant l’ocelle antérieur. Il n’y a pas de bosse médiane lisse sur le front, comme celle des Prosopigastra ; il n’y a pas les deux petits tubercules brillants au-dessus des insertions antennaires, ce caractère étant propre aux Tachytes.

En théorie, le caractère qui distingue Larra de Liris est plus difficile à observer : Il tient dans la longueur des griffes. Le pronotum fortement convexe et anguleux chez Liris est aussi un bon caractère, mais il n’est pas toujours évident pour un débutant ou sur photo.

Toutefois, en pratique, c’est assez simple pour les espèces d’Europe occidentale : Une seule Larra, dont le gastre est rouge, les espèces française de Liris ont le gastre entièrement noir ou à peine rougeâtre à l’extrémité, souvent avec des taches de pilosité argentée.

Au plan mondial cette tribu est l’une des mieux représentée en nombre d’espèces. Ce sont toutefois pour la plupart, des espèces de régions chaudes. la France métropolitaine ne donne pas une réelle image de cette extrême diversité.
Heureusement ! Car je ne m’en sort déjà pas avec les Tachysphex qui sont en Europe occidentale, les mieux représentés de cette tribu.

Sur une photo, que peut-on voir ? : Un Crabronidae de bonne taille, entièrement noir, ça limite pas mal, mais ça ne fait pas tout ! Des ailes franchement sombres, ça aide un peu. La plupart du temps ces ailes vont cacher un propodeum dont la forme générale pourrait ajouter un caractère d’orientation générique et dont l’aspect des sculptures est relativement spécifique. De même, il est difficile sur une photo de distinguer la ponctuation des mésopleures, caractère important de la clé. Si le photographe sait de quoi il s’agit, il pensera à montrer les ocelles déformés, le bourrelet le long des yeux, la forme du front avec son bourrelet transverse, avec ou sans bosse ou nodules supra-antennaires. La forme générale, ni particulièrement svelte, ni particulièrement trapue, le gastre plutôt fuselé, pas élargi à l’avant vu du dessus. La forme du premier segment du gastre qui forme un angle très important avec l’axe horizontal, qui présente une face avant assez nette et dont le point d’insertion avec le propodeum est situé à la partie inférieure. Chez la femelle, l’aire pygidiale assez grande, bien nette porte des caractères spécifiques : ponctuation, pilosité, forme. La forme particulière des fémurs va nous aider, sans donner de certitude. Les griffes tarsales très longues sont un caractère de plus dans ceux qui alimenterons notre faisceau de présomptions.
En l’absence de toutes possibilités d’appliquer une clé scientifique, les bandes de fine pruinosité argentée nettement visibles sur les trois premiers segments du gastre vont nous orienter vers Liris niger (Fabricius, 1775).

Liris niger
Auteur : Jeff
ref:950
Liris niger (Fabricius, 1775).

Synonymes :

  • Sphex nigra Fabricius 1775
  • Larra pompiliformis Panzer 1809 ; nec Panzer 1804
  • Tachytes nigra Vander Linden 1829
  • Anoplius uniocellatus Dufour 1834
  • Notogonia baguenai Giner Mari 1934 -

Le genre Liris :

Il existe en France deux autres espèces du genre Liris, (peu probablement trois) :

  • L. atratus (Spinola, 1805), une belle bête dont la femelle mesure 13-17 mm, le mâle 7-12 mm, et chez qui les bandes de pruinosité des tergites sont moins visibles.

  • L. festinans praetermissus (Richards, 1928), petit : femelle 7-10 mm. Mâle 5-6 mm. Le pygidium de la femelle est recouvert d’une courte pubescence dorée, encore plus dense que celle du précédent.

L. atratus et L. festinans sont strictement localisés dans quelques départements du sud-est. Seul L. niger (femelle 9-13 mm) présente une aire pygidiale brillante où la pubescence ne recouvre qu’une faible surface à l’apex. Le mâle mesure 7-9 mm. Liris niger est plus largement répandu dans le tiers sud de la France : région méditerranéenne et sud-ouest, jusqu’à Bordeaux.

La présence en France d’une quatrième espèce : L. nigricans est très peu probable et sa très grande similitude avec praetermissus laisse à penser que les cas signalés sont des confusions.
Quand les conditions s’y prêtent, les Liris peuvent avoir une certaine activité durant les belles journées d’hiver. Les espèces françaises chassent des Gryllidae adultes ou immatures. Les femelles creusent un nid dans le sol, mais elles utilisent souvent des cavités préexistantes, notamment des galeries creusées par des Apidae.


Bibliographie :

  • Hyménoptères Sphecidae d’Europe occidentale – Jacques BITSCH et collaborateurs – Faune de France 86 –
  • Autres sources : collection de la société d’histoire naturelle Alcide d’Orbigny.

La photo que j’ai maltraitée pour obtenir cette image de faible taille, était à l’origine un fort beau cliché de Jeff que l’on peut retrouver sur le forum.

Post Scriptum :

Cet article n’est qu’un résumé simplifié et destiné à une approche visuelle. Malgré la fiabilité irréfutable de mes sources, il peut contenir des imprécisions et ne doit en aucun cas servir de référence. Merci de me faire rectifier les erreurs éventuelles et de me faire expliciter les points qui, par manque de précision, pourraient conduire à des erreurs.

Dernière mise à jour :
jeudi 2 mars 2017